Les responsables politiques allemands ont jeté hier toutes leurs
forces dans la bataille pour tenter d'empêcher que l'usine de la future micro-voiture Swatchmobile, où seront créés 1.950 emplois, soit implantée en France, comme l'envisage très sérieusement la direction de Mercedes. Dans une démarche tout à fait inhabituelle, Wolfgang Schaeuble, considéré comme le dauphin du chancelier Helmut Kohl, a demandé au patron de Swatch, le Suisse Nicolas Hayek, que la future Mercedes-Swatch soit construite en Allemagne et non en France. Président du groupe parlementaire du Parti chrétien-démocrate (CDU) d'Helmut Kohl, Wolfgang Schaeuble défend dans sa lettre les avantages d'un site de production en Allemagne, alors que le président du directoire de Mercedes-Benz, Helmut Werner, a affirmé mardi soir que «la France est favorite». Le président régional du puissant syndicat des métallurgistes IG-Metall, Gerhard Zambelli, a pour sa part estimé que la décision d'implanter l'usine en France «est une gifle au visage des syndicats de Mercedes-Benz». Le président du conseil d'entreprise de Mercedes-Benz, le syndicaliste Karl Feuerstein, avait indiqué mardi que l'usine sera construite à Hambach-Sarreguemines en Lorraine, près de la frontière allemande. Mercedes-Benz examine aussi les sites de Molsheim en Alsace, où le groupe a déjà une filiale poids lourds, et de La Rochelle. En France, les responsables de la région Lorraine se sont mobilisés pour amener l'usine à Hambach. Quelque 600 millions



