Mois après mois, les chiffres officiels confirment la décrue du
chômage: en novembre, le nombre de demandeurs d'emploi a reculé de 43.400, passant sous la barre des 2,5 millions pour la première fois depuis décembre 1991. Cette baisse ramène le taux de chômage à 8,8% de la population active contre un pic à 10,6% en janvier 1993, alors que débutait la reprise économique. Les spécialistes s'attendent à une poursuite, voire à une accélération, de cette tendance. Le chômage devrait ainsi «reculer à 2,17 millions fin 1996», prévoit David Kern, économiste à la banque nationale de Westminster.
Mais cette amélioration n'est guère ressentie par les Britanniques, pour qui les nouveaux emplois créés actuellement sont «temporaires, à court terme et sans réelle perspective» pour 86% des personnes interrogées. En 2001, un tiers de la population active britannique, soit sept millions de personnes, pourrait travailler à temps partiel, affirme une étude récente de la confédération syndicale TUC. Actuellement, environ six millions de personnes travaillent une moyenne de 14,8 heures par semaine.
Cette sensation d'insécurité est renforcée par l'annonce d'importants programmes de restructuration: 1.100 suppressions d'emplois dans une compagnie d'électricité mardi, 2.500 la semaine dernière chez Mercury, le numéro 2 britannique du téléphone... Face à ces «charrettes» qui font la une de la presse, le gouvernement insistait mercredi sur l'augmentation de 146.000 du nombre des emplois au cours du trois



